La Monnaie Electronique, faut-il en rire ou en pleurer ?

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Qu’est-ce que la monnaie électronique ?

Selon l’Instruction 008-05-2018 de la BCEAO, la Monnaie Electronique se définie comme une valeur monétaire représentant une créance sur l’établissement émetteur qui est : stockée sous une forme électronique, y compris magnétique ; émise sans délai contre la remise de fonds d’un montant qui n’est pas inférieur à la valeur monétaire émise ; et acceptée comme moyen de paiement par des personnes physiques ou morales autres que l’établissement émetteur. Dans une conception large, une monnaie serait « électronique » dès lors qu’elle serait conservée sur des supports électroniques et utilisés par des dispositifs eux-mêmes électroniques. Comme tous les systèmes comptables bancaires sont actuellement informatisés, l’authentification d’un titulaire d’un compte et la preuve de son avoir monétaire sont toujours tenus sur support électronique et la majorité des mouvements sur ces comptes sont des transactions électroniques (virement, paiement par carte de crédit, prise de billets aux Gab qui exige une carte de retrait ou une carte de crédit, etc.). Les billets et les pièces seraient les seules formes monétaires non électroniques. Le chèque serait la dernière forme non électronique d’usage d’un compte de dépôt. Dans une conception étroite, seule la monnaie stockée de façon indépendante d’un compte bancaire, sur des mémoires électroniques, mériterait la qualification d’électronique. Alimentée par pièces ou billets, ou par virement, la provision figurant sur le dispositif n’est plus ni un billet ou une pièce (monnaie fiduciaire), ni un dépôt bancaire (monnaie scripturale). La monnaie électronique devient une catégorie à part de la masse monétaire. Dans un espace où le taux de bancarisation tourne autour de 6%, la monnaie électronique sonne comme la seule alternative pour encadrer les flux financiers entre les populations de la zone UEMOA. Elle a alors de beaux jours devant elle. Si on considère que le taux de pénétration du GSM tourne autour de 127% dans l’espace et que les solutions n’ont besoin que de cette ressources pour évoluer, tout porte à croire que le marché serait très prometteur pour ceux qui comptent s y lancer. Mais à ce jour le taux de pénétration du Mobile Banking reste toujours faible à hauteur de 40% ce qui veut dire qu’il reste du chemin à faire. Toutefois cela peut également compris à cause de la forte résistance du Transfert d’Argent Cash to Cash, beaucoup plus présents dans les pays comme le Sénégal. Dans la pratique la Monnaie Electronique fait intervenir 04 acteurs principaux dans la chaine de valeur : l’Etablissement Emetteur, le Distributeur, le Sous Distributeur, le client final. Dans les banques les deux premiers indiqués se confondent le plus souvent, il est plus distinct entre les Opérateurs de Téléphonie qui intègrent le secteur et les banques qui les agréent. Les éléments majeurs qui s’articulent autour du projet sont : le logiciel, les Unités de valeur, les numéros de téléphones (comptes virtuels), les liquidités. Dans un schéma assez élaborés les UV sont produites par le logiciel, Stockées par le Distributeur (Vendeur Grossiste), vendues dans des comptes aux Sous Distributeurs qui a leur tour sert les Clients Finaux.

A quoi consisteront alors l’activité et le business du Sous Distributeur dans ce nouveau schéma ?

Essentiellement, le business du Sous Distributeur se réduira à deux transactions : les dépôts dans les comptes virtuels des agents et les retraits en cas de besoin d’espèces. A quoi consistera l’usage de la monnaie électronique chez le Client final ? Le Client final se servira de son porte-monnaie pour effectuer tous ses besoins de paiement : besoins d’achats et besoins de services. Il n’aura plus besoin d’un point de services dès lors qu’il aura alimenté son compte soir par dépôt chez un Sous Distributeur ou auprès de sa banque par virement. Ce qui reste constant c’est que tous les services et achats sont toujours payants mais qui en profitent ? Le Distributeur et sa banque UNIQUEMENT !!!! Qu’est-ce que le Transfert d’Argent Rapide ? Selon l’Instruction 08-11-2015 de la BCEAO, le Transfert rapide d’argent c’est l’opération par laquelle une somme d’argent déposée par un donneur d’ordre au guichet d’un prestataire habilité ou d’un sous-agent, est remise dans un bref délai, à un bénéficiaire, à un autre guichet d’un prestataire habilité ou d’un sous-agent, grâce à un système informatique sécurisé fonctionnant en temps réel ou quasiment. Cette opération ne fait intervenir ni compte bancaire, ni compte de monnaie électronique. Au Sénégal, il a fait le bonheur de jeunes entrepreneurs sénégalais depuis 2008 avec l’avènement de Wari. Il a rempli les Points Services en un temps mais vite désemplis à cause de l’avancée de la monnaie électronique. Les acteurs qui tournent autour de cette activité sont l’Opérateur Technique, la Banque, l’Agent et le Client final. Aussi bien dans la Monnaie Electronique que dans le Transfert Rapide d’Argent, la Banque est primordiale et obligatoire pour servir de régulation. Elle répond devant la BECAO de toutes les questions liées au bon ordre. Elle a l’obligation contractuelle avec les Agents qui utilisent ses services.

A quoi consiste alors le travail de l’Agent dans ce schéma de distribution ?

Les sous-agents peuvent effectuer les opérations ci-après : l’envoi des fonds reçus des clients ; la réception de fonds et leur remise aux bénéficiaires. A part l’interdiction de collecter des fonds du public, sous forme de dépôts ou d’effectuer toute autre opération de banque, à l’exception des opérations de transfert rapide d’argent, il lui est possible d’effectuer à partir de la plateforme de transfert d’argent, toutes les autres opérations de services aux clients. Pour l’Agent, il a la possibilité de gagner non seulement dans les envois et retraits d’argent mais également dans tous les services effectués pour le compte du Client final. Pour le Client Final, quel qu’en soit le choix, monnaie électronique ou transfert d’argent, il se déplacera au point service, ne serait-ce qu’une fois pour ses besoins de transactions. Pour l’Opérateur Technique et la Banque, ils continueront de gagner sur chacune des transactions effectuées dans un point service. Que ce soit les envois et retraits de fonds que sur les services payés par le Client final dans un point service. Alors qui gagnerait dans ses deux schémas à vouloir que l’un marche et que l’autre s’arrête ? Ce n’est en tout cas pas le Point Service qui perdra toutes les possibilités de gagner dans les services payés sur place par les clients à partir desquels il puisait l’essentiel de ses revenus. Si la monnaie électronique parvient à prendre le dessus sur le Transfert Rapide d’Argent (ce qui est inévitable), tous les points seront appelés à disparaître comme ce fut les télécentres. S’il ne restait que les Opérateurs de Monnaie Electronique et sans une régulation de la BCEAO permettant aux points services de gagner sur les services effectués par le Client Final à partir des dépôts pris chez l’Agent, bientôt les points services disparaîtront. D’où notre véritable combat pour que le régulateur prenne cette question en main. Les Points services réclament leur part dans les services effectués par les clients finaux à partir des sommes déposés dans les comptes virtuels mais utilisés dans les services. Le seul revenu de DEPOT et de RETRAIT ne saurait prospérer sinon c’est la mort programmée des Points Services. Les Opérateurs ont tendance à réduire toutes les commissions sur ces activités précitées. La dernière en date, le nouveau plan de commissionnement imposé par Orange Monnaie mais rejeté par tous les Points Services. Non seulement Orange Money récupère tous les frais payés par les clients en payant leurs services, mais même les maigres commissions sur les dépôts les intéressent tellement qu’elle compte les retirer tous au grand damne de l’Agent. Les Points Services commencent à sentir les effets de la pénétration de la monnaie électronique sur leurs revenus diversifiés. La Monnaie Electronique devient dès lors UNE MENACE et non une AUBAINE pour les points services ! La Monnaie Electronique réduit finalement tout aux revenus de dépôt et de retrait seulement sans possibilités de gagner sur les services effectués par les Clients finaux après s’être alimentés auprès des points services. Auparavant sur chaque service effectué et payé au point, l’Agent bénéficiait d’une part de commission qui permettait de soutenir l’activité. Ceci tend à disparaître. Nous en appelons au retardement de la pénétration de la Monnaie Electronique tant que toute la chaîne de revenus n’est pas partagée équitablement entre les différents acteurs. La Monnaie Electronique connaitra de solide résistance dans les jours à venir si les règles du jeu ne sont pas changées.

Fait à Dakar le, 22/05/2018

Le Réseau National des Prestataires du Transfert D’Argent – RENAPTA

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